Dis, Papa, 
Je t'aime
Un certain matin du jour de l'an

À deux mois, tu m'embrassais tous les jours.
Tu étais fier de ton fiston. Mais moi, je ne 
pouvais pas t'embrasser, j'étais trop petit.

À deux ans tu jouais avec moi tous les jours, 
tu étais fier de m'apprendre des trucs. 
Je me collais sur toi et tu m'embrassais.

À douze ans, tu t'intéressais à tout ce que 
je faisais, tu m'emmenais à la patinoire du coin
ou au forum voir le grand Canadien, 
Je grandissais aux côtés de ton expérience.
Tu me donnais une petite tape dans le dos,
je te regardais avec admiration.

À 16 ans, je te présentais ma première blonde,
Tu l'aimais autant que moi. Tu étais fier de moi.
Tu me serrais fort les épaules en me disant 
que tu m'aimais, mais j'étais gêné que 
tu le fasse en présence de mes amis.

À 21 ans, lors de mon mariage , tu ne portais
plus à terre. Fiston quittais la maison.
Tu m'as embrassé à l'église, je m'en souviens
j'en étais tout rouge.
On a pris un coup ensemble ce soir là
et tu me rappelais ma «jeunesse.»

À 25 ans, quand le petit est né, tu devenais grand-papa et tu rajeunissais. Tu es retombé en enfance en recommençant tous tes trucs avec
«mon» fiston. Tu m'as encore embrassé,
quand le petit est né, je m'en souviens,
c'était à l'hôpital.

À 30 ans, tu as emmené mon fiston à la patinoire
du coin quand je devais travailler.
Le soir à la maison, en le regardant, tu lui as dit 
comment tu étais fier de moi et tu m'as embrassé.
Je m'en souviens, on était dans la cuisine.

À 35 ans, un peu vieilli par l'âge tu m'as téléphoné
quand j'ai perdu mon boulot et tu pleurait pour moi
même si tu n'y pouvais rien. Tu m'as dis , je m'en souviens, que quoiqu'il arrive, que tu m'aimais.

Papa, il y a quelque chose que je veux te dire à mon tour.
J'aurais dû te le dire depuis longtemps. Tu sais papa,
je t'aime. Je veux  te le crier. Je veux t'embrasser
Papa, si tu n'étais pas mort la semaine dernière,
je te t'aurais embrassé aujourd'hui
au dîner du jour de l'an. 

Ton fils.

 

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